Chose inhabituelle en été, je vous recommande de voir trois films au cinéma, afin de profiter de la fraîcheur des salles obscures en ces temps de canicule, et pour découvrir et faire découvrir des extraits capitaux de l’Histoire de France, en une année cruciale où pourtant l’Histoire de France souffre de manuels scolaires trop théoriques et pas assez incarnés par les héros de chair et de sang de l’Histoire de France, dont De Gaulle et Molière, ainsi que Savinien de Cyrano de Bergerac (1619-1655), devenu le héros du roman d’Edmond Rostand (1897).
La BATAILLE DE GAULLE, en deux parties : 1/ L’âge de Fer puis 2/ (Liberté) J’écris ton nom
Deux magnifiques fresques historiques d’Antonin Baudry, avec Simon Abkarian dans le rôle de De Gaulle, Simon Russelle Beale, dans le rôle de Churchill, Niels Schneider dans le rôle lumineux de Leclerc, Benoît Magimel dans le rôle du général Koenig (Bir Hakeim), Thierry Lhermitte dans le rôle du Général Giraud (Alger) et Anamaria Vartolomei, déjà révélée dans le Comte de Monte-Christo, lumineuse dans le rôle d’une jeune résistante, passionnée et courageuse.
De Gaulle avait écrit ‘L’Armée de métier’ en 1934, où il met en avant l’importance des chars et de la guerre de mouvement. Dès le 10 mai 1940, le Colonel De Gaulle dirige la 4e Division Blindée et il réussit des actions d’éclat, comme à Moncornet et dans la Somme. Il est nommé général de Brigade puis Sous-secrétaire d’Etat le 5 juin 1940 dans le gouvernement de Paul Raynaud, qui veut continuer la guerre.
La France est trahie par Pétain le 16 juin, et sa demande d’armistice le 17 juin, ainsi que la France combattante et des centaines de milliers de soldats français brutalement démobilisés,
Le 17 juin 1940, De Gaulle prend l’avion pour Londres depuis Bordeaux dans l’avion du Général Spears, envoyé par Churchill. Il est seul avec son aide de camp, le lieutenant Geoffroy de Courcel (1912-1992, Quai d’Orsay, oncle de Bernadette Chirac, dit ‘Courcel’ dans le film), qu’il a choisi parce qu’il parlait anglais.
Courcel fait appel à Elisabeth de Miribel, qui frappera l’Appel du 18 Juin 1940, lu le lendemain par le Général à la BBC.
Parti de rien, et d’une vulgaire chambre d’hôtel, De Gaulle refuse la défaite, continue le combat et séduit Churchill, qui a tant besoin d’Alliés français, lui aussi seul, avec France, Belgique et Pays-Bas tombées sous le joug nazi en quelques mois.
De Gaulle a du caractère, une fois chevillée au corps en la France et a une Vision d’une France renaissante de ses cendres, qu’il va construire, mètre par mètre, envers et contre tous, malgré les pleins pouvoirs votés par députés et sénateurs (surtout SFIO, socialistes) à Pétain à Vichy, en juillet 1940.
Par bonheur, Antonin Baudry met en avant les marins bretons de l’Île de Sein, qui rejoindront le Général dès juin 1940 à Londres.
De Gaulle et son discours, volontaire et messianique est écouté et une portes s’entrouvrent, une à une, même si les dos tournés des officiels de l’Ambassade de France à Londres en 1940 (fidèles à Pétain) sont une honte historique.
« Ma parole, il se prend pour Jeanne d’Arc » aurait dit Antony Eden, ministre de Churchill
A quoi Churchill aurait répondu : « Et je crois parfois que c’est la réalité »
Mais les premiers Actes fondateurs de la France Libre (futurs FFL) sont les coups d’éclat du capitaine Leclerc, rapidement promu colonel puis général
- Prise du Gabon avec quelques hommes et Gouverneur du Gabon pour de Gaulle (AEF : Afrique Equatoriale Française)
- Puis prise du Cameroun et du Tchad. Et par des actions conjointes, l’Empire colonial français rejoint peu à peu la France Libre
- Harcèlement des troupes italiennes dans le désert et guerre de mouvement
- Victoire de Koufra et serment de Koufra (2 mars 1941)
Toutes ces scènes de bataille dans le désert sont magnifiquement filmées et font comprendre aux spectateurs que ‘Bir Hakeim’ (27 mai-11 juin 1942) est beaucoup plus qu’une station de métro, mais une bataille clef où les Français libres du général Koenig, héroïques, vont résister seize précieux jours à l’Africa Korps de Rommel, et permettre à plus de 50.000 soldats britanniques encerclés, de sauver leur vie en partant rejoindre les troupes britanniques en Egypte. Ce qui permettra la victoire d’El Alamein en juillet 1942.
En parallèle de l’épopée du Général, le film nous fait découvrir le destin de nombreux jeunes résistants, dont beaucoup seront arrêtés, torturés et tués et celui, méconnu, du jeune Fernand Bonnier de La Chapelle (joué par Florian Lesieur), qui verra ses frères de combat tomber. Puis, qui, rapatrié dans son Algérie natale, décidera d’assassiner le traitre de Vichy, l’amiral Darlan (joué par Matthieu Kassovitz), à Alger, ex-PM collaborationniste de Pétain à Vichy, jouet trouble de Roosevelt et des Américains, visant à garder la France à leurs bottes.
Fernand sera exécuté deux jours plus tard à Alger, à l’âge de 20 ans, le 26 décembre 1942 (1922-1942).
Les interprètes sont tous extraordinaires, en particulier Leclerc et De Gaulle, qui crèvent l’écran. Niels Schneider et Simon Abkarian nous font vivre l’histoire, font vivre chaque mouvement de leurs personnages.
Les mises en parallèle des discours de De Gaulle et de Leclerc sont aussi extraordinaires. Leur charisme et l’engagement de Leclerc auprès de ses hommes feront la différence.
Churchill est aussi joué de façon magnifique, en particulier dans ses tête-à -tête avec de Gaulle, ou quand il chante en français, ému, une chanson militaire traditionnelle française, que le général de Gaulle fera chanter pour lui, dans Paris libérée, le 11 novembre 1944.
Dans le 2e film ‘Liberté, j’écris ton nom’, les spectateurs écarquillent les yeux en découvrant le mépris et l’impérialisme de Roosevelt à l’égard de De Gaulle, qui fait tout pour transformer la France en une vulgaire ‘province’ sous administration américaine avec
- des représentants choisis à Vichy pour leur servilité (Darlan, puis Giraud), de manière à éliminer De Gaulle.
- des billets de banque français imprimés aux USA, sans même la mention de ‘République Française’, que De Gaulle promettra d’utiliser pour sa cheminée.
- des fonctionnaires américains apprenant à peine le français, prévus pour être nommés ‘préfets’ en France.
- une France scindée en deux sous 2 noms ridicules, après la libération ‘AMGOT’ pour ‘American Military Government of Territory’ et West Wallonia, qui mangerait l’est de la France, et notamment l’Alsace et la Lorraine.
Bref, De Gaulle et sa volonté de fer sauvent la France d’une 2e colonisation, après celle des Nazis, de 1940 à 1945, celle voulue par les Américains, et un pitoyable Roosevelt, en fin de vie (1882-1945) handicapé dans son fauteuil, face à De Gaulle (près de 2m) qui vient le voir à Washington en avril 1944.
Jusqu’au bout, les Américains ne donneront pas l’essence demandée à Leclerc et à sa 2e DB, pour qu’il puisse libérer Paris et sauver des milliers de jeunes résistants et de FFI d’une mort probable (« bain de sang ») face aux 16.000 occupants allemands, qui n’ont pas l’intention de fuir.
La 2e DB libère Paris entre le 24 et le 25 août 1944, notamment avec la compagnie du capitaine Dronne.
Ces deux films sont remarquables, car ils prouvent que le destin de la France s’est joué dans les mains de quelques hommes et femmes courageux, qui par leur volonté inarrêtable, ont redressé la France, humiliée par Pétain, les Allemands et Hitler.
Et ont su transcender leur courage pour en faire une force inarrêtable, étape par étape, bataille après bataille.
Preuve est ici faite que la France peut renaître, même blessée, même allongée, même limitée à quelques dizaines de héros, qui vont en devenir des centaines puis des milliers.
Merci encore à Pathé et à Jérôme Seydoux, son dirigeant, ) Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma et à TF1 pour avoir largement co-financé ce magnifique projet et permis à ce jour à plus de 5 millions de spectateurs de voir l’un ou l’autre de ces deux films magnifiques.
Et la remontée spectaculaire des fréquentations depuis la fête du Cinéma laisse augurer de plus de 10 millions de spectateurs pour ces deux volets historiques !
Autre film à voir : Les caprices de l’enfant roi, de Michel Leclerc, sorti le 24 juin au cinéma
Pourquoi ? Parce que ce film jour sur les rencontres probables de personnalités uniques
- Louis XIV, enfant de 12 ans, qui fuit la Fronde, éloigné de Paris par sa mère, Anne d’Autriche, régente du Royaume
- D’Artagnan
- Molière et Madeleine Béjart, et les débuts de la troupe de Molière sur les routes et les canaux de France
- Cyrano de Bergerac (1619-1655), célèbre écrivain, de 19 ans plus âgé9 que le futur roi-soleil
Mélange de cap et d’épée, d’émotions et théâtre des manigances de la Cour, voulant évincer le Roi (Fronde du prince de Condé et de nombreux nobles), ce film est rafraîchissant et illustre un autre siècle de l’histoire de France, où un futur monarque rencontre son peuple, dans une fiction ébouriffante.
Auteur : François VALLET, ESCP EUROPE, Conseil et coach auprès start-ups et PME, étudiant en PPE à Oxford, conférencier
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